Bruxelles : la FIJ réunit journalistes et experts pour lutter contre la surveillance numérique
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La Fédération internationale des journalistes (FIJ) organise le 19 novembre à Bruxelles un forum intitulé « Hacked Silence: Journalists under surveillance ». L’événement vise à examiner l’impact de la surveillance sur la liberté de la presse et à proposer des réponses juridiques et techniques, s’appuyant sur deux rapports majeurs du projet Brave Media.
Le 19 novembre prochain, la Residence Palace à Bruxelles accueillera une rencontre organisée par la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Intitulé « Hacked Silence: Journalists under surveillance », ce forum se penche sur les menaces que font peser les outils de surveillance numérique sur la liberté de la presse. L’objectif est double : discuter de l’impact actuel de ces pratiques et définir les réponses nécessaires pour protéger les journalistes aux niveaux régional et mondial.
19Date du forum à Bruxelles selon la FIJ103Numéros marocains ciblés par Pegasus en 2017 selon Amnesty International22Journalistes ciblés par Pegasus au Maroc en 2017 selon Amnesty International
Cette initiative s’appuie directement sur deux rapports publiés dans le cadre du projet Brave Media. Le premier, « Global Surveillance of Journalists: A Technical Mapping of Tools, Tactics and Threats », dresse un inventaire technique des méthodes utilisées. Le second, « Hacked Silence: Journalists and surveillance – Addressing legal and regulatory challenges », analyse les défis juridiques et réglementaires auxquels sont confrontés les professionnels des médias face à ces intrusions.
Selon ifj.org, la FIJ entend utiliser ces travaux pour alimenter un débat concret sur la protection des sources et l’intégrité du travail journalistique. Dans son communiqué, l’organisation indique que cet événement a pour but de traiter « l’impact de la surveillance actuelle sur les journalistes et les réponses nécessaires pour les protéger aux niveaux régional et mondial face à la menace que la surveillance fait peser sur la liberté de la presse ».
Les enjeux soulevés par ce forum ne sont pas théoriques. Ils trouvent un écho direct dans des affaires documentées par des organisations de défense des droits humains. Amnesty International a ainsi dénoncé l’utilisation d’outils de surveillance sophistiqués par les services de renseignement marocains pour cibler des journalistes et des défenseurs des droits humains.
Le rapport d’Amnesty International, intitulé « Inside Morocco’s surveillance machine », s’appuie sur des éléments concrets pour étayer ses accusations. Il cite le témoignage d’un ancien employé du service de renseignement intérieur marocain (DGST), des documents filtrés et des enquêtes journalistiques indépendantes.
L’enquête a permis d’identifier 103 numéros de téléphone marocais entrés dans le système Pegasus entre septembre et décembre 2017. Parmi ces cibles, 65 appartenaient à des membres de la société civile. Ce groupe inclut spécifiquement 34 défenseurs des droits humains et 22 journalistes ou travailleurs des médias.
Amnesty International a également relevé des preuves indiquant que des logiciels espions ont été livrés via le réseau Maroc Telecom, opérateur public. Le rapport précise que le Maroc avait acheté ces outils auprès de sociétés basées en Israël, dans l’Union européenne et aux États-Unis. Face à ces révélations, les autorités marocaines ont maintenu leur position de refus.
Rabat a répété à plusieurs reprises qu’il n’utilisait pas de logiciels espions contre ses propres citoyens. Cette dénégation contraste avec les conclusions des enquêteurs internationaux qui estiment que la surveillance constitue une atteinte grave au droit à la vie privée et à la liberté d’expression.
Ce qui est décidé
- La FIJ organise un forum le 19 novembre à Bruxelles sur la surveillance des journalistes.
- Le forum s’appuie sur deux rapports du projet Brave Media.
- Amnesty International a dénoncé l’utilisation d’outils de surveillance par les services marocains.
- Le rapport d’Amnesty s’appuie sur le témoignage d’un ancien employé du DGST.
- 103 numéros marocains ont été identifiés dans Pegasus entre septembre et décembre 2017.
- Parmi ces cibles, 22 étaient des journalistes ou travailleurs des médias.
- Les autorités marocaines nient l’utilisation de logiciels espions contre leurs citoyens.
Ce qui n’est pas tranché
- Les discussions précises qui auront lieu lors du forum à Bruxelles.
- Les mesures concrètes adoptées suite aux recommandations des rapports du projet Brave Media.