Un juge fédéral rejette avec préjudice le procès en diffamation de Trump contre le Wall Street Journal
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Le juge Darrin Gayles a mis fin à la tentative de Donald Trump d’obtenir 10 milliards de dollars du Wall Street Journal pour un article sur une carte adressée à Jeffrey Epstein. La décision, prise avec préjudice, interdit toute nouvelle tentative de poursuites sur ce fondement.
Le juge fédéral Darrin P. Gayles a rejeté la plainte pour diffamation déposée par Donald Trump contre The Wall Street Journal et son groupe éditorial Dow Jones. Cette décision met un terme définitif à une procédure qui visait 10 milliards de dollars de dommages et intérêts. Le magistrat siège dans le district fédéral de Floride et a rendu sa décision samedi. Il s’agit de la deuxième fois qu’une juridiction fédérale écarte cette affaire spécifique après un premier rejet antérieur.
10 milliardsde dommages et intérêts réclamés par Donald Trump au Wall Street Journal2003année de l’envoi supposé de la carte à Jeffrey Epstein selon le rapport du WSJ20pages de longueur de l’avis motivé du juge Darrin Gayles
La nature de ce rejet est cruciale pour la suite juridique. Le juge Darrin Gayles a prononcé un « rejet avec préjudice » (dismissal with prejudice). Selon les termes juridiques employés, cette qualification signifie que la plainte ne peut plus être rejugée ni reformulée sur les mêmes bases. Donald Trump avait déjà tenté de porter l’affaire devant les tribunaux l’année précédente, mais sa première tentative avait échoué. Son équipe avait ensuite déposé une version révisée de la plainte, réduisant les prétentions financières de 20 à 10 milliards de dollars, avant que le juge actuel n’intervienne.
Au cœur du raisonnement judiciaire figure l’exigence légale de la « malice réelle » (actual malice). Pour qu’un personnage public gagne un procès en diffamation aux États-Unis, il doit prouver que le média a publié des informations fausses en connaissant leur inexactitude ou en faisant preuve d’un mépris téméraire de la vérité. Le juge Gayles a estimé que la plainte amendée de Donald Trump « manquait cruellement » ce seuil juridique élevé. Dans un avis motivé de vingt pages, le magistrat a souligné que le journal avait mené une « enquête réfléchie et détaillée » aboutissant à la publication de l’article contesté.
Selon Reuters, le juge a qualifié la stratégie juridique de Donald Trump de tentative de « saisir pêle-mêle des brins de paille » (grasping at straws) afin de « fabriquer artificiellement des failles » dans le travail journalistique. L’avis du tribunal indique explicitement que le président n’a pas réussi à démontrer que les auteurs de l’article avaient agi avec la malice requise par la loi américaine. Cette exigence constitutionnelle vise à protéger la liberté de la presse et constitue un obstacle majeur pour tout demandeur en position de pouvoir.
L’affaire trouve son origine dans un article publié par le Wall Street Journal l’année dernière. Le reportage portait sur un livre commémoratif assemblé par Ghislaine Maxwell pour le cinquantième anniversaire de Jeffrey Epstein en 2003. Ce volume contenait une lettre et un dessin dont le journal affirmait qu’ils portaient le nom de Donald Trump. Le contenu de ces éléments était décrit comme sexuellement suggestif. Donald Trump a toujours nié avoir écrit ou signé cette carte, affirmant qu’il s’agissait d’un faux et accusant le journal d’avoir inventé l’existence d’une telle note.
Les sources citées par NBC News confirment que le juge a jugé que la plainte souffrait du même défaut fatal que la première tentative de Trump. Le refus de donner suite à la demande de dommages et intérêts intervient alors que la relation entre Donald Trump et Jeffrey Epstein fait l’objet d’un examen médiatique intense depuis plusieurs années. Le Wall Street Journal, dirigé par Rupert Murdoch, a maintenu la véracité de ses informations malgré les mises en garde légales et les poursuites intentées par le président.
Ce qui est décidé
- Un juge fédéral américain a rejeté la plainte pour diffamation de 10 milliards de dollars déposée par Donald Trump contre The Wall Street Journal.
- Le juge Darrin Gayles a rejeté le recours avec préjudice, ce qui signifie que la plainte ne peut plus être rejugée.
- La décision repose sur l’incapacité de Donald Trump à prouver la « malice réelle » de la part du journal.
- L’affaire portait sur un article concernant une carte d’anniversaire supposément envoyée par Trump à Jeffrey Epstein en 2003.
- Donald Trump nie avoir écrit ou signé la carte et affirme qu’elle est un faux.
- C’est la deuxième fois qu’un juge fédéral rejette cette plainte spécifique après une première tentative antérieure.
- Le juge Darrin Gayles siège dans le district fédéral de Floride.