Pays : France

Guerre à Gaza : l’Europe fracturée perd son influence mondiale

La guerre à Gaza a exposé et accentué les divisions au sein de l'Union européenne et entre ses États membres sur la politique étrangère. L'Europe a perdu en crédibilité et en influence dans le monde en raison de son incapacité à tenir Israël pour responsable des violations du droit international à Gaza.

Gaza envelope after coordinated surprise offensive on Israel, October 2023 (KBG GPO05), photo d’illustration
Kobi Gideon

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La guerre à Gaza a exposé et accentué les divisions au sein de l’Union européenne et entre ses États membres sur la politique étrangère. L’Europe a perdu en crédibilité et en influence dans le monde en raison de son incapacité à tenir Israël pour responsable des violations du droit international à Gaza.

La guerre à Gaza a exposé et accentué les divisions au sein de l’Union européenne et entre ses États membres sur la politique étrangère. Cette fracture ne se limite pas à des désaccords diplomatiques temporaires ; elle révèle une incapacité structurelle à formuler une réponse commune face à un conflit qui touche directement aux valeurs fondatrices de l’Europe. La solidarité initiale, souvent invoquée comme base d’une action extérieure cohérente, s’est rapidement disloquée sous la pression des réalités humanitaires et des pressions politiques internes à chaque État membre.

L’Europe a perdu en crédibilité et en influence dans le monde en raison de son incapacité à tenir Israël pour responsable des violations du droit international à Gaza. Alors que les institutions européennes tentent de maintenir un discours multilatéral, leur inaction concrète face aux accusations de violations du droit international a nui à leur positionnement moral. Cette perte d’influence est particulièrement perceptible dans les instances internationales où l’Europe cherchait à peser, notamment auprès des pays du Sud global qui observent avec scepticisme cette double norme appliquée par Bruxelles et ses capitales.

Les gouvernements européens ont initialement exprimé une solidarité massive avec Israël après les attaques du 7 octobre, avant que leurs positions ne diverge et se durcissent contre Israël au fil du temps. Ce mouvement de balancier a marqué les esprits et illustré la fragilité des consensus européens. Ce qui était perçu comme un soutien inconditionnel aux premières heures du conflit a laissé place à des critiques de plus en plus virulentes, créant une confusion stratégique qui a été exploitée tant par les adversaires géopolitiques de l’UE que par les mouvements sociaux internes.

Des pays européens comme l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Slovénie ont reconnu l’État de Palestine ou menacé de sanctions, tandis que d’autres comme l’Allemagne et le Royaume-Uni maintiennent un soutien stratégique ou militaire. Cette divergence géographique et politique crée une Europe à deux vitesses sur la question palestinienne. D’un côté, une alliance nordique et ibérique privilégiant le droit international et la solution à deux États ; de l’autre, une alliance germano-britannique ancrée dans une sécurité collective historique avec Israël. Ces choix opposés rendent toute initiative commune au niveau européen quasi impossible à mettre en œuvre sans rupture majeure.

La guerre a exacerbé les tensions internes en Europe, notamment par la criminalisation croissante du soutien à la cause palestinienne et l’islamophobie institutionnelle. Dans plusieurs pays, les manifestations pro-palestiniennes ont été réprimées ou encadrées strictement, tandis que les discours anti-islamiqse gagnaient du terrain dans l’espace public. Cette dynamique sociale reflète une fracture profonde au sein des sociétés européennes, où la mémoire historique et les identités religieuses entrent en collision directe avec les impératifs de sécurité nationale et les alliances diplomatiques traditionnelles.

Ce qui est décidé

  • La guerre à Gaza a exposé et accentué les divisions au sein de l’Union européenne et entre ses États membres sur la politique étrangère.
  • L’Europe a perdu en crédibilité et en influence dans le monde en raison de son incapacité à tenir Israël pour responsable des violations du droit international à Gaza.
  • Les gouvernements européens ont initialement exprimé une solidarité massive avec Israël après les attaques du 7 octobre, avant que leurs positions ne diverge et se durcissent contre Israël au fil du temps.
  • Des pays européens comme l’Espagne, l’Irlande, la Norvège et la Slovénie ont reconnu l’État de Palestine ou menacé de sanctions, tandis que d’autres comme l’Allemagne et le Royaume-Uni maintiennent un soutien stratégique ou militaire.
  • La guerre a exacerbé les tensions internes en Europe, notamment par la criminalisation croissante du soutien à la cause palestinienne et l’islamophobie institutionnelle.