Pays : Congo-Kinshasa

Kinshasa ordonne une enquête sur la fraude minière après la saisie de 500 camions

Congo-Kinshasa, drapeau national
Congo-Kinshasa, drapeau national

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Le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo a lancé des enquêtes judiciaires pour fraude et contrebande dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. Ces mesures font suite à l’interception de plusieurs milliers de tonnes de cuivre et de cobalt, ainsi que de plus de 500 véhicules.

Le ministre de la Justice Guillaume Ngefa Atondoko Andali a ordonné cette semaine le lancement d’enquêtes judiciaires ciblant la fraude minière présumée, l’exploitation illégale et la contrebande de minerais en République démocratique du Congo (RDC). Cette décision vise spécifiquement les provinces riches en minéraux stratégiques du Lualaba et du Haut-Katanga, où se concentre l’essentiel de l’extraction nationale. Selon un communiqué publié par son ministère, ces investigations sont la réponse directe aux saisies massives opérées récemment par les forces de l’ordre sur plusieurs sites, dont celui de Menda au Lualaba.

500camions et autres équipements saisis par les autorités60ressortissants étrangers détenus lors des opérations

Les opérations de contrôle ont permis aux autorités congolaises de confisquer plus de 500 camions et autres équipements lourds, ainsi que plusieurs milliers de tonnes de cuivre et de cobalt. Le communiqué gouvernemental n’a pas précisé les volumes respectifs de cuivre et de cobalt ni la forme des matériaux saisis. Ces confiscations ont été réalisées par une force opérationnelle mixte incluant la police, l’armée et des représentants du ministère des Mines. Les interventions se sont déroulées sur plusieurs sites identifiés comme étant sous le coup de soupçons de fraude ou d’exploitation non autorisée.

Au cœur de ces investigations figure le site de Menda, situé dans la province du Lualaba. Ce lieu d’extraction est particulièrement surveillé car il relève des licences détenues par le groupe Eurasian Resources Group (ERG), selon les informations rapportées par MiningMX et IndexBox Inc. La présence de ce géant minier international ne semble pas avoir empêché les soupçons de fraude de s’y installer, conduisant les autorités à étendre leurs contrôles bien au-delà des simples opérateurs informels. Les saisies effectuées sur ce site précis constituent l’un des éléments déclencheurs directs de la décision judiciaire annoncée par le ministère de la Justice.

La dimension humaine de ces opérations de répression est tout aussi significative que les volumes matériels saisis. Plus de 60 ressortissants étrangers ont été détenus lors d’opérations séparées ou connexes liées à ces saisies, indique Yahoo! Finance Singapore. Cependant, les sources divergent sur le nombre total de ressortissants étrangers détenus : certaines indiquent plus de 60, tandis qu’une autre mentionne plus de 300 dans le cadre d’opérations centrées sur Kolwezi, selon IndexBox Inc. Ces arrestations touchent majoritairement des citoyens chinois, reflétant la forte présence des entreprises chinoises comme CMOC et Zijin Mining qui représentent une part importante de la production de cuivre et de cobalt en RDC, note MiningMX.

Cette vague de contrôres s’inscrit dans un contexte de tension accrue entre l’État congolais et les acteurs de l’industrie minière. Deux semaines avant l’annonce de l’enquête, le ministre des Mines Louis Kabamba Watum avait déjà suspendu la tête de SAEMAPE, l’agence chargée de la petite mine artisanale. Il lui reprochait son incapacité à empêcher l’exploitation illégale sur les concessions licenciées, selon IndexBox Inc. Cette mesure disciplinaire interne montre la volonté du gouvernement de Kinshasa de reprendre la main sur une filière qui génère des revenus colossaux mais dont les flux échappent largement au contrôle fiscal et douanier.

L’enjeu économique est majeur pour la RDC, qui occupe une position stratégique sur les marchés mondiaux. Le pays est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième de cuivre, selon les données confirmées par Yahoo! Finance Singapore et OCCRP. Le cobalt, essentiel à la fabrication des batteries pour véhicules électriques, et le cuivre, indispensable aux infrastructures énergétiques, sont des ressources critiques dont la chaîne d’approvisionnement est scrutée de près par les investisseurs internationaux. La fraude minière, en détournant une partie de cette production hors des circuits officiels, prive l’État de recettes fiscales substantielles et favorise le blanchiment d’argent.

Les enquêtes judiciaires ordonnées par le ministre de la Justice vont désormais devoir établir les responsabilités précises derrière ces flux illicites. Il s’agit de déterminer si les fraudes concernent uniquement des exploitants artisanaux ou s’il existe des complicités au sein des structures légales, y compris parmi les grandes compagnies internationales. La coopération entre les services de police, l’armée et les ministères techniques sera cruciale pour tracer les filières de contrebande. Les résultats de ces investigations pourraient conduire à des sanctions pénales, des amendes ou la révocation de licences d’exploitation, modifiant potentiellement la donne pour les investisseurs étrangers présents dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga.

Les chiffres confirmés

  • Le ministre de la Justice a ordonné des enquêtes sur la fraude minière et la contrebande.
  • Des saisies massives ont eu lieu dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga.
  • Plus de 500 camions et des milliers de tonnes de minerais ont été confisqués.
  • Le site de Menda, lié au groupe ERG, est visé par les investigations.

Ce que les chiffres ne disent pas

  • Les volumes exacts de cuivre et de cobalt saisis ne sont pas précisés.
  • Le nombre total de ressortissants étrangers détenus fait l’objet de divergences entre les sources.
  • L’étendue des complicités au sein des grandes compagnies minières reste à établir.