Pays : France

La pétition contre CNews franchit les 500 000 signatures : vers un débat à l’Assemblée ?

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Déposée en juin sur la plateforme de l’Assemblée nationale, la pétition « Supprimer CNews de l’audiovisuel français » a dépassé le seuil des 500 000 signatures début novembre 2026. Ce dépassement ouvre théoriquement la voie à un débat en séance publique, mais ne garantit pas la fermeture de la chaîne, dont la décision relève exclusivement de l’Arcom.

Une pétition déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale et intitulée « Supprimer CNews de l’audiovisuel français » a franchi le cap des 500 000 signatures ce lundi 2 novembre 2026. Selon les chiffres publiés par Le Parisien et confirmés par franceinfo, le nombre de signataires dépasse désormais les 600 000 personnes. Cette mobilisation massive intervient moins d’un mois après l’attentat raciste de Trappes survenu le 23 octobre 2026, qui a servi de catalyseur à la dynamique de la campagne lancée initialement en juin dernier.

500 000signatures sur la plateforme de l’Assemblée nationale27rappels à l’ordre infligés par l’Arcom à CNews depuis 2019630 000euros d’amendes cumulées par la chaîne depuis 20192026année du dépassement du seuil des 500 000 signatures

L’auteur de cette initiative citoyenne est Lucas Massoni. Il dépose sa demande sur la plateforme dédiée aux pétitions de l’hémicycle le 10 juin 2026, alors que la collecte reste confidentielle. La progression s’accélère brutalement fin octobre. « La pétition a franchi le cap des 100 000 signatures jeudi, celui des 200 000 vendredi, avant de dépasser le seuil des 300 000 ce samedi après-midi », note un extrait du dossier relatif à la dynamique de la campagne. L’attentat de Trappes, qui a fait un mort et sept blessés, marque un tournant décisif dans l’adhésion du public à cette cause.

Dans son texte, Lucas Massoni qualifie la chaîne d’information « machine de propagande ». Il invoque un historique de sanctions infligées par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) pour justifier sa demande de retrait immédiat de la convention TNT et de fermeture définitive de l’antenne. « Depuis 2019, elle cumule 27 rappels à l’ordre et 630 000 euros d’amendes. C’est le record absolu de l’audiovisuel français », écrit-il sur le site de l’Assemblée nationale. Ces chiffres, repris tels quels par Télérama et La Dépêche du Midi, constituent le socle factuel de l’argumentation des pétitionnaires.

Le dépassement du seuil critique de 500 000 signatures active une procédure parlementaire spécifique. Selon le règlement de l’Assemblée nationale, la Conférence des présidents peut décider d’organiser un débat en séance publique sur une pétition ayant recueilli au moins ce nombre de signatures, issues d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer. Cependant, cette possibilité n’est ni automatique ni obligatoire. Une commission compétente doit auparavant se prononcer en décidant de classer la pétition ou de l’examiner, élaborant alors un rapport préalable.

Des députés écologistes ont déjà pris les devants dans cette dynamique politique. Benjamin Lucas-Lundy et Léa Balage El Mariky, membres du groupe Écologiste et social, ont demandé le retrait des accréditations des médias du groupe Bolloré, dont fait partie CNews, au sein de l’hémicycle. Ils accusent ces médias de jouer un rôle majeur dans la saturation du débat public par des thèmes empreints d’un racisme sans complexe. Cette demande institutionnelle précède le débat potentiel sur la pétition et montre que la contestation dépasse le cadre strict de la signature citoyenne.

Il existe une pétition alternative sur Change.org s’opposant à la fermeture de CNews, défendant la liberté d’expression comme valeur fondamentale. Par ailleurs, une autre pétition de soutien à la chaîne, créée sur une autre plateforme, aurait dépassé les 30 000 signatures selon Télérama. Ces contre-mobilisations illustrent la polarisation du débat autour de la chaîne de télévision. CNews a refusé de commenter la pétition de l’Assemblée nationale, la qualifiant de démarche purement politique.

La décision de fermer CNews ne relève pas de l’Assemblée nationale mais exclusivement de l’Arcom. Le Conseil d’État a d’ailleurs acté en février 2024 un manquement structurel au pluralisme politique de la chaîne, renforçant les arguments des critiques. Toutefois, aucune source ne fournit l’avis officiel de l’Arcom concernant spécifiquement cette pétition et ses demandes de retrait de convention. Le calendrier d’application des éventuelles nouvelles sanctions n’est pas établi et aucun texte juridique supplémentaire n’a pu être consulté à cette heure.

Ce qui est décidé

  • La pétition « Supprimer CNews de l’audiovisuel français » a dépassé les 500 000 signatures le 2 novembre 2026.
  • L’auteur Lucas Massoni demande le retrait de la convention TNT et la fermeture de la chaîne.
  • CNews cumule 27 rappels à l’ordre et 630 000 euros d’amendes depuis 2019.
  • Le dépassement du seuil permet potentiellement un débat à l’Assemblée nationale.

Ce qui n’est pas tranché

  • La commission compétente de l’Assemblée nationale examinera-t-elle la pétition ?
  • L’Arcom prendra-t-elle de nouvelles mesures suite à cette mobilisation ?
  • Le débat en séance publique aura-t-il lieu avant la fin de la législature ?