Tinubu confie à l’EFCC le contrôle des fonds publics versés aux États
Le président nigérian Bola Tinubu a approuvé, le 1er octobre, l'implication de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) dans le suivi des allocations du Comité d'allocation du compte fédéral (FAAC). Cette mesure vise à endiguer les détournements de fonds destinés aux 36 États et 774 gouvernements locaux.
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Le président nigérian Bola Tinubu a approuvé, le 1er octobre, l’implication de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) dans le suivi des allocations du Comité d’allocation du compte fédéral (FAAC). Cette mesure vise à endiguer les détournements de fonds destinés aux 36 États et 774 gouvernements locaux.
Le 1er octobre 2026, le président nigérian Bola Tinubu a donné son accord pour que la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) supervise les flux financiers issus du Comité d’allocation du compte fédéral (FAAC). Cette décision, annoncée par le président de l’EFCC Ola Olukoyede lors de l’inauguration d’une nouvelle direction zonale à Awka dans l’État d’Anambra, marque un durcissement significatif du contrôle des deniers publics. Le FAAC redistribue chaque mois les recettes fiscales nationales aux entités subnationales, un processus longtemps critiqué pour son opacité.
1er octobre 2026Date d’approbation présidentielle par Bola Tinubu
Selon les termes de cette approbation présidentielle, l’EFCC ne se contentera pas d’un rôle consultatif. La commission aura pour mission de monitorer la libération et l’utilisation effective des fonds alloués. Une attention particulière sera portée sur trois types de risques : la diversion suspecte des fonds, les contrats jugés douteux ou opaques, ainsi que la présence de travailleurs fantômes sur les listes de paie administratives. L’objectif affiché est de prévenir les infractions financières avant qu’elles ne soient consommées, plutôt que d’en assurer uniquement la répression a posteriori.
Pour mener à bien ce mandat élargi, l’EFCC devra collaborer étroitement avec plusieurs institutions fédérales clés. Le cadre opérationnel prévoit une coordination avec le Bureau du comptable général de la fédération, qui gère les flux sortants, ainsi qu’avec le ministère des Finances. La Banque centrale du Nigeria et la Commission indépendante de lutte contre la corruption et les infractions connexes (ICPC) seront également mobilisées pour croiser les données et identifier les anomalies.
« Monsieur le Président a gracieusement approuvé que nous surveillions également les releases du FAAC vers les États et les gouvernements locaux », a déclaré Ola Olukoyede en citant directement l’instruction présidentielle. Cette déclaration, rapportée par businessday.ng, souligne la volonté politique derrière cette initiative. Elle intervient dans un contexte où la confiance dans la gestion des finances publiques locales reste fragile, malgré les réformes successives tentées au cours des dernières années.
Au-delà du simple contrôle technique, le président Tinubu a imposé des conditions strictes de conduite pour l’EFCC. Dans sa directive, il a ordonné que la commission exerce ses fonctions avec professionnalisme et sans aucun biais politique. Il a explicitement rappelé qu’aucun responsable, quelle que soit son affiliation partisane, ne serait épargné s’il était prouvé qu’il a détourné des fonds publics. « Personne ne sera épargné, indépendamment de l’appartenance partisane », précise le communiqué officiel cité par Punch Newspapers.
Cette injonction de neutralité politique vise à rassurer les différentes entités fédérées, souvent divisées par des clivages partisans forts au niveau national. En garantissant que les investigations ne serviront pas d’arme politique, l’exécutif espère faciliter l’adhésion des gouverneurs et des chefs de conseils locaux à ce nouveau dispositif de surveillance. Les fonctionnaires reconnus coupables de malversation risquent désormais des enquêtes et des poursuites pénales immédiates, sous le couvert des lois applicables en vigueur.
L’EFCC a déjà anticipé cette évolution structurelle en créant, avant même l’approbation présidentielle, un Département d’évaluation et de contrôle des risques de fraude. Cette unité interne a été constituée sur la conviction que la prévention des crimes financiers est plus efficace que la poursuite des voleurs après le vol des fonds. Ce changement de paradigme, passant d’une logique punitive à une logique préventive, constitue le socle technique de la nouvelle mission confiée à la commission.
Cependant, plusieurs zones d’ombre subsistent concernant la mise en œuvre concrète de ces directives. Aucun document public ne précise actuellement le cadre juridique exact qui régira les interventions de l’EFCC au sein des administrations des États. Les modalités opérationnelles détaillées, telles que les critères d’alerte ou les protocoles d’accès aux comptes bancaires locaux, restent à définir. Cette absence de texte réglementaire précis laisse une marge d’interprétation importante pour les autorités concernées.
Par ailleurs, les mécanismes de participation citoyenne n’ont pas été rendus publics. On ignore encore comment les citoyens pourront signaler les irrégularités ou déposer des plaintes relatives à l’utilisation des fonds FAAC. L’absence de canal officiel de remontée d’information publique limite potentiellement l’efficacité du dispositif, car elle repose exclusivement sur les capacités d’investigation internes de l’EFCC et de ses partenaires institutionnels.
Les chiffres confirmés
- Le président Tinubu a approuvé le 1er octobre 2026 l’implication de l’EFCC dans le suivi des allocations FAAC.
- L’EFCC supervisera la libération et l’utilisation des fonds, ciblant détournements, contrats douteux et travailleurs fantômes.
- La commission travaillera avec le Bureau du comptable général, le ministère des Finances, la Banque centrale et l’ICPC.
Ce que les chiffres ne disent pas
- Aucun document ne précise le cadre juridique exact ou les modalités opérationnelles détaillées de ce nouveau dispositif.
- Les détails sur les procédures de signalement par les citoyens et les mécanismes de résolution des plaintes sont inconnus.