Pays : Nouvelle-Zélande

Tower Insurance réclame des solutions créatives pour financer le relogement climatique

Paul Johnston, directeur général de Tower Insurance, appelle à un financement innovant pour déplacer les habitations des zones à risque. Face à la multiplication des tempêtes et à la hausse des coûts, l'assureur souligne l'urgence d'un cadre national qui n'existe pas encore.

John Strangfeld, CEO, Prudential Financial, photo d’illustration
Spaceboyjosh

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Paul Johnston, directeur général de Tower Insurance, appelle à un financement innovant pour déplacer les habitations des zones à risque. Face à la multiplication des tempêtes et à la hausse des coûts, l’assureur souligne l’urgence d’un cadre national qui n’existe pas encore.

Les coûts des sinistres météorologiques ont fortement augmenté pour les assureurs néo-zélandais : Vero a enregistré 185 millions de dollars de réclamations sur l’année à juin, IAG 322 millions, et Tower environ 25 millions. Cette explosion des dépenses s’inscrit dans une tendance lourde où la fréquence des tempêtes est passée d’environ une par mois il y a 15 ans à trois ou quatre par mois actuellement. Le coût des catastrophes météorologiques de 2023 a été estimé à jusqu’à 15 milliards de dollars, soit des dizaines de fois plus cher que tout événement précédent dans l’histoire du pays.

15 milliardsdollars, coût estimé des catastrophes météorologiques de 202360 %hausse des primes d’assurance habitation en cinq ans selon Stats NZ64 milliardsdollars dépensés en réponse et rétablissement sur 15 ans440 000maisons et dépendances dans des zones inondables connues

Le prix de l’assurance habitation en Nouvelle-Zélande a augmenté d’environ un tiers au cours des cinq dernières années, avec une hausse de près de 60 % selon Stats NZ. Cette inflation des primes intervient alors que le taux de pénétration de l’assurance se situe dans la moyenne haute des 90 %, ce qui est l’un des plus élevés au monde. Pour tenter de maîtriser ses propres coûts, Tower Insurance a introduit une tarification des risques au niveau de chaque adresse, ciblant spécifiquement les risques sismiques, d’inondation, de submersion marine et de glissement de terrain. Environ 90 % des clients de Tower ont bénéficié d’une réduction de prix d’environ 70 dollars lorsque cette nouvelle tarification a été introduite, car ils ne couvrent plus les risques supportés par les 10 % restants.

Un appel à l’innovation financière

Face à cette réalité économique, Paul Johnston, directeur général de Tower Insurance, appelle à des solutions créatives pour financer le relogement planifié (managed retreat) face aux risques climatiques. Il estime que la Nouvelle-Zélande doit faire davantage pour protéger les communautés et financer le déplacement des maisons situées dans les zones vulnérables. Son approche vise à cadrer le retrait autour des rendements plutôt que des pertes, une stratégie qui correspond à la réflexion actuelle du secteur. L’ancien président de Tower, Michael Stiassny, avait déjà mis en garde contre un manque de leadership sur le changement climatique, notant peu de mouvements pour arrêter la construction sur les plaines inondables depuis Cyclone Gabrielle et les inondations d’Auckland.

Selon ICNZ | Insurance Council of New Zealand, Kris Faafoi, son directeur général, a déclaré à RNZ qu’il fallait une plus grande urgence de la part du gouvernement quant au financement de l’adaptation climatique. Le Conseil des assurances de Nouvelle-Zélande (ICNZ) appelle le prochain gouvernement à prioriser la résilience et le financement à long terme pour réduire les risques extrêmes. Pourtant, il n’existe pas encore de plan national ni de cadre législatif pour le relogement planifié en Nouvelle-Zélande. Le gouvernement néo-zélandais a reporté les décisions sur le partage des coûts du relogement après l’élection, bien que le ministre du Changement Climatique Simon Watts travaille sur sa propre solution.

Une pression financière croissante

L’ampleur du défi financier est considérable. Plus de 95 % des dépenses liées aux catastrophes naturelles en Nouvelle-Zélande au cours des 15 dernières années ont été consacrées à la réponse et au rétablissement, pour un total d’au moins 64 milliards de dollars. Les données montrent que moins de 1,5 % des propriétés côtières assurées représentent toutes les pertes projetées d’inondation côtière, et moins de 2 % des adresses intérieures représentent 30 % des pertes d’inondation projetées. Un rapport de 2024 modélisant quatre villes néo-zélandaises a estimé que 99 % des propriétés dans la zone d’inondation côtière centennale pourraient connaître un retrait partiel de l’assurance d’ici une décennie.

La réassurance confirme cette tendance inquiétante. Les coûts de réassurance catastrophe de Vero ont atteint 344 millions de dollars pour l’année à juin 2025, en hausse de 136 % par rapport à deux ans plus tôt. La situation immobilière reste exposée : plus de 440 000 maisons, dépendances et abris se trouvent dans des zones connues à risque d’inondation, avec une valeur de remplacement estimée à 218 milliards de dollars. Des expériences locales existent déjà, comme après Cyclone Gabrielle où 167 propriétaires fonciers dans Hawke’s Bay ont reçu des offres de rachat de propriété à 100 % de leur valeur marchande avant le cyclone.

Les chiffres confirmés

  • Hausse significative des coûts des sinistres et des primes d’assurance.
  • Appel de Tower Insurance et de l’ICNZ à un cadre national pour le relogement.
  • Absence de législation nationale sur le managed retreat.

Ce que les chiffres ne disent pas

  • Détails précis du futur cadre législatif proposé par le gouvernement.
  • Montant exact des fonds alloués au relogement planifié.