Pays : Iran

Un pétrolier en feu dans le détroit d’Ormuz : l’Iran accuse un navire de navigation clandestine

L'Iran affirme qu'un supertanker transportant plus de deux millions de barils de brut a pris feu après avoir heurté une mine navale au sud du détroit d'Ormuz. Les Gardiens de la Révolution accusent le navire d'avoir désactivé ses systèmes de positionnement pour contourner les contrôles. Le commandement central américain conteste ces affirmations.

Straße von Hormuz, photo d’illustration
Jacques Descloitres, MODIS Land Rapid Response Team, NASA/GSFC

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L’Iran affirme qu’un supertanker transportant plus de deux millions de barils de brut a pris feu après avoir heurté une mine navale au sud du détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la Révolution accusent le navire d’avoir désactivé ses systèmes de positionnement pour contourner les contrôles. Le commandement central américain conteste ces affirmations.

Un supertanker transportant plus de deux millions de barils de pétrole brut a pris feu après avoir heurté une mine navale dans le détroit d’Ormuz, a annoncé jeudi l’Iran. L’Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) précise que le navire tentait de franchir illégalement la voie maritime stratégique par sa partie sud. Une explosion a endommagé la salle des machines du pétrolier, déclenchant un incendie violent sur le pont, rapportent plusieurs sources citant les Gardiens de la Révolution.

Les autorités iraniennes affirment que le pétrolier avait désactivé tous ses systèmes de suivi et de positionnement dès le début de son voyage. Selon les Gardiens de la Révolution, ce dispositif visait à masquer l’identité du navire alors qu’il empruntait une route non autorisée. « Un supertanker en violation des règlements, transportant plus de deux millions de barils de pétrole brut et tentant de passer illégalement par le détroit d’Ormuz, a heurté une mine, déclenchant une explosion et un incendie féroce », lit-on dans un communiqué cité par TRT World. Hellanicshippingnews.com confirme que le navire naviguait avec ses radars éteints et ignorait les avertissements des autorités iraniennes.

Le bilan iranien s’étend à sept pétroliers touchés ou endommagés lors d’une seule nuit dans le détroit. Cette affirmation globale contraste avec la version américaine. Un porte-parole du Commandement central des États-Unis a qualifié ces allégations d’« incorrectes » devant la presse, selon News.net. La contradiction entre Téhéran et Washington crée une incertitude immédiate sur l’intensité réelle des perturbations dans cette artère vitale du commerce énergétique mondial.

Les opérateurs de pétroliers ont déjà adapté leurs stratégies face aux risques sécuritaires. Lloyd’s List Intelligence note que certains armateurs utilisent une voie protégée par les forces américaines près de la côte omanaise pour transporter le brut des producteurs du Golfe. Ces navires naviguent de nuit, avec leurs systèmes de localisation et téléphones portables éteints, afin de minimiser leur exposition aux tirs ou aux mines. Cette pratique illustre la tension structurelle qui pèse sur les coûts logistiques et les primes d’assurance maritime dans la région.

Pour compenser les risques de blocage du détroit d’Ormuz, l’Arabie Saoudite a considérablement renforcé ses capacités terrestres. Amin Nasser, président-directeur général de Saudi Aramco, a indiqué à Al Arabiya Business que la capacité du pipeline Est-Ouest a triplé, passant de deux millions à sept millions de barils par jour. Cette infrastructure permet de détourner le brut vers la mer Rouge, évitant ainsi le goulot d’étranglement du détroit d’Ormuz et offrant une soupape de sécurité critique pour les exportations saoudiennes.

Les chiffres confirmés

  • Un supertanker a pris feu après avoir heurté une mine navale dans le détroit d’Ormuz, selon l’Iran.
  • Les Gardiens de la Révolution accusent le navire d’avoir désactivé ses systèmes de navigation.
  • Le commandement central américain conteste les affirmations iraniennes.
  • La capacité du pipeline Est-Ouest saoudien a triplé pour compenser les risques.

Ce que les chiffres ne disent pas

  • L’identité exacte du pétrolier et l’existence de victimes ne sont pas précisées.
  • Le bilan global de sept navires touchés reste contesté par les États-Unis.