Pays : États-Unis

Washington retire l’Afrique du Sud et le Rwanda de l’AGOA pour non-respect des critères

Capitol Building Full View, photo d’illustration
Noclip

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L’administration Trump a notifié au Congrès son intention d’exclure l’Afrique du Sud et le Rwanda du programme commercial AGOA à compter du 1er janvier 2027. Washington invoque des barrières commerciales, des risques pour la sécurité nationale et des préoccupations relatives aux droits de l’homme.

Le 1er janvier 2027 marquera la fin de la participation de l’Afrique du Sud et du Rwanda au programme African Growth and Opportunity Act (AGOA). L’administration Trump a officiellement notifié cette suspension au Congrès américain, confirmant une décision annoncée par le Bureau du représentant au commerce des États-Unis (USTR) ce lundi. Ce retrait s’applique à un accord commercial préférentiel en vigueur depuis vingt-cinq ans, qui permettait à ces deux nations africaines d’exporter vers les États-Unis sans droits de douane sur une large gamme de produits.

1er janvier 2027Date effective du retrait de l’AGOA pour l’Afrique du Sud et le Rwanda10 %Part des exportations sud-africaines vers les États-Unis sous AGOA en 202528 %Part des exportations sud-africaines vers les États-Unis sous AGOA en 2024

Les motifs de ce retrait sont multiples et sévères. Selon BBC News, l’administration cite explicitement des barrières au commerce et à l’investissement américains, ainsi que des inquiétudes concernant la sécurité nationale et les intérêts de politique étrangère dans la région. Greer, porte-parole de l’USTR, a précisé lors de l’annonce que les deux pays ont été exclus en raison de politiques « qui incluent, mais ne se limitent pas, à des obstacles qui sapent le commerce et l’investissement américains et à des pratiques qui menacent la sécurité nationale et les intérêts de politique étrangère des États-Unis dans la région », rapporte Audacy.

Pour le Rwanda, Washington a ajouté des reproches spécifiques touchant à la gouvernance interne. BBC News indique que les États-Unis ont soulevé des préoccupations majeures concernant les droits de l’homme, le pluralisme politique, l’état de droit et les droits des travailleurs dans ce pays. Ces critères vont au-delà des simples enjeux économiques et entrent directement dans le champ de la diplomatie normative américaine.

L’Afrique du Sud n’est pas épargnée par ces critiques structurelles. En plus des barrières commerciales déjà mentionnées, le Daily Maverick note que l’administration Trump exprime une profonde préoccupation face à la corruption dans le pays. Le même rapport souligne également les menaces perçues contre la sécurité nationale et les intérêts diplomatiques américains, ajoutant une couche géopolitique sensible à cette dispute commerciale bilatérale.

Pretoria a vivement réagi à cette annonce. Le ministre sud-africain du Commerce, Parks Tau, a qualifié la décision d’« infortunée » devant la presse. Il a affirmé que Washington soulevait de nouvelles questions qui n’avaient pas figuré dans les négociations commerciales entre les deux pays, lesquelles avaient débuté en 2025. Dans un communiqué cité par le Daily Maverick, il a insisté sur le fait que le gouvernement avait répondu de manière constructive aux préoccupations américaines et avait même consenti des concessions commerciales supplémentaires. Il a jugé regrettable que les États-Unis choisissent maintenant de nouveaux griefs.

L’impact économique immédiat semble limité pour Pretoria, bien que symbolique. Parks Tau a rappelé que l’AGOA ne constituait pas la totalité de la relation économique entre l’Afrique du Sud et les États-Unis. Les chiffres fournis par le Daily Maverick montrent qu’en 2025, seulement 10 % des exportations sud-africaines vers les États-Unis entraient sous le régime AGOA, en baisse significative par rapport aux 28 % enregistrés en 2024. Cette diminution progressive suggère une diversification ou une adaptation préalable des échanges commerciaux.

La position américaine reste ferme et sans appel. Leo Brent Bozell III, ambassadeur des États-Unis en Afrique du Sud, a publié une déclaration sur X pour justifier la mesure. Il a écrit : « Il est regrettable que les politiques sud-africaines aient conduit à la résiliation de l’AGOA pour l’Afrique du Sud. C’était un résultat prévisible et évitable résultant du rejet par le gouvernement sud-africain des véritables préoccupations soulevées par les États-Unis », rapporte BBC News. L’ambassadeur a ajouté que cet échec à mettre en œuvre les changements de politiques requis était la cause directe de la suspension, selon Audacy.

Selon washingtonpost.com, cette notification marque le début effectif du processus de retrait qui prendra effet légalement au premier jour de l’année prochaine. L’accord AGOA, créé en 2000, visait à stimuler le développement économique en Afrique subsaharienne en offrant un accès préférentiel au marché américain. Son utilisation par l’Afrique du Sud et le Rwanda comme bouclier commercial face à d’autres partenaires internationaux devient désormais impossible sous cette nouvelle administration.

Ce qui est décidé

  • L’administration Trump retirera l’Afrique du Sud et le Rwanda du programme commercial AGOA.
  • Le retrait prendra effet le 1er janvier 2027.
  • Les motifs invoqués incluent des barrières commerciales, des risques pour la sécurité nationale et des préoccupations liées aux droits de l’homme.

Ce qui n’est pas tranché

  • Les conséquences économiques précises à long terme pour les entreprises des deux pays restent à évaluer.
  • D’autres pays africains pourraient être confrontés à des audits similaires de leur conformité aux critères américains.